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29/10/2016

Commentaires

Jean Leclercq

Donald Trump : c'est la faute à Rousseau. Le titre est volontiers provocateur car, comment voir dans l'aimable promeneur solitaire le père du totalitarisme ? Certes, l'argumentation est bien menée et assortie de références judicieusement choisies. Mais, comment l'ineffable Jean-Jacques peut-il être le prophète de la « démocratie totalitaire », de ce que, bien avant Jacob Talmon, Alexis de Tocqueville appelait déjà la « tyrannie démocratique » ?
D'abord, à la différence des penseurs du Siècle des Lumières, Rousseau est un plébéien. Être citoyen d'une république est son plus grand titre de gloire, le seul auquel il soit attaché et qu'il ait tant regrette après avoir été banni de Genève. Parce qu'il est d'origine plébéienne et républicaine, Rousseau croit que, lorsqu'il s'exprime, le peuple a toujours raison : vox populi, vox dei. En cela, il s'apparente aux Pères fondateurs de la nation américaine et à Abraham Lincoln concluant son discours de Gettysburg. Mais, les penseurs politiques français ne sont pas aussi convaincus du bien-fondé de la volonté populaire. Avec Sénèque, ils sont plutôt tentés de dire : « La preuve du pire, c'est la foule ». Et pourtant, il est des peuples de vieille tradition démocratique qui n'éprouvent pas ces craintes. Dans un pays que je connais bien, le recours à la démocratie directe n'a jamais conduit au totalitarisme. Certes, l'observateur extérieur s'étonnera que, dans une commune vaudoise de 1.664 habitants, on aille prochainement voter pour ou contre les nouveaux réverbères choisis par les autorités municipales. Une pétition dirigée contre le modèle actuellement retenu a réuni les 167 signatures (1/10ème des habitants) rendant obligatoire l'organisation d'un référendum. Bien sûr, d'aucuns pourront sourire, mais cela ne vaut-il pas mieux que le diktat technocratique, les barrages et autres aéroports dont l'installation est décidée très loin des riverains et nonobstant leur avis ? Un parlement de milice n'est-il point préférable à une assemblée d'élus professionnels, tellement détachés de la vie quotidienne de leurs concitoyens qu'ils en ont oublié le prix d'un pain au chocolat ? Telles sont quelques-unes des réflexions qu'inspire l'excellent article de Pascale Tardieu-Baker qui a le grand mérite de nous réveiller !

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