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24/11/2016

Commentaires

Elsa Wack

Très intéresant.
Aussi une affaire de confiance en soi?

Olivier

La confiance en soi est un facteur qui aide les apprenants a se sentir bilingue, c'est certain. Le probleme est de couvrir un facteur aussi fluctuant. Pouvez-vous decrire ce qu'est la confiance en soi en langue secondaire? est-ce parler la langue, ou s'engager dans des taches d'apprentissage, ou meme lever la main en salle de classe?

Le concept de "self" est important dans l'apprentissage des langues comme dans tout autre apprentissage. Une des theories les plus importantes est celle de Ryan et Deci, 1985, Self Determination Theory.

Depuis qu'elle a ete proposee, de nombreuses "self-constructions" ont ete proposees. Cependant, "self-confidence" n'a pas fait l'objet d'une theorisation profonde, en tout cas dans la literature anglophone sur la motivation en langue secondaire.

Il me semble que la raison en est que le concept de confiance en soi peut-etre divise en categories plus precises et mesurables.

Ceci dit, une recherche internet rapide (dans les listes de mes references universitaires ou dans "google scholar") montre que la confiance en soi est mentionee, mais qu'elle n'a pas fait l'objet d'une recherche specifique.

Cela ne signifie pas qu'elle n'est pas digne de recherche, mais plutot que les modeles psychologiques classifient la confiance en soi plutot comme une construction multiple.

Si vous avez plus d'information dans ce domaine, s'il vous plait n'hesitez pas a me contacter! Olivier.elzingre@monash.edu

Olivier

jean-paul

Une étude très intéressante qui s’appuie sur des cas réels. Effectivement, tout dépend de la définition du bilinguisme. Pour moi, être bilingue, c’est parler deux langues de façon tellement parfaite qu’il est impossible de savoir laquelle des deux est la langue maternelle, le locuteur s’exprimant avec la même aisance dans l’une ou l’autre. Je n’ai connu qu’une seule personne répondant à ce critère. Je distingue ce locuteur de celui qui «parle très bien » une langue étrangère, mais dont on voit rapidement que cette langue n’est pas sa langue maternelle.

Jean LECLERCQ

Article très intéressant en ce sens qu'il s'appuie sur trois études de cas (Charly, Louise et Claudia). Souvent, la linguistique apparaît comme une science abstraite, sinon carrément abstruse. Raison de plus pour féliciter Olivier d'être parti de cas concrets pour nous exposer sa conception du bilinguisme.

Olivier

Merci pour vos commentaires qui me touchent beaucoup.

En réponse à Jean-Paul au sujet du bilinguisme, votre définition selon laquelle une personne bilingue ne peut être considérée comme telle que lorsque ses deux langues (ou plus) sont parlées aussi bien l’une que l’autre pose problème.
Le problème est que les domaines de connaissances dépendent grandement sinon entièrement de notre expérience de la vie. Le bilingue que vous décrivez devrait donc avoir bénéficier d’une éducation parallèle en deux langues non seulement à la maison mais aussi à l’école. Ces cas de figures sont extrêmement rares, mais potentiellement existent.

Cependant, pour identifier une telle personne, il faudrait pouvoir démontrer que leur compétences linguistiques dans les deux langues sont comparables aux compétences de monolingues dans chaque langue. Il s'agirait donc d'une analyse linguistique de leurs compétences non seulement au niveau de l’étendue de leur vocabulaire mais aussi de leur compétence sociolinguistique, c’est-à-dire leur alibilité de répondre avec consistance aux normes linguistiques.

Ceci est une proposition si difficile à prouver qu’elle ne l’a pas encore été faite dans plus de trois décennies de recherche sur l’acquisition de première et deuxième langues.

N’oubliez pas que dans la vie il existe de nombreux domaine d’expérience. Vous avez peut-être suivi des études d’histoire, de philo ou d’ingénieur dans une université. Vous vous sentez donc plus à l’aise d’en discuter en une langue plutôt qu’en votre seconde. De même, vous faites partie d’une équipe de tennis, de basketball ou de foot. Vos rapports avec vos amis se font plus facilement dans une langue plutôt que dans l’autre. Etc etc.

Le bilinguisme, selon moi, n’est pas définissable par une personne autre que celle qui parle plusieurs langues. Elle n’est pas non plus définissable par une mesure de compétence uniquement.

Ceci dit, il est évident qu’une certaine compétence est nécessaire. Cette compétence est celle qui permet à une personne de se présenter telle qu’elle se conçoit elle-même, ce que les chercheurs appellent « self-representation ». C’est là, à mon avis, que le bilinguisme se trouve.


Il est certain que dans le cadre de la recherche il est parfois nécessaire de définir à priori ce que l’on veut dire par ‘bilingue’. Et dans ces cas, on est souvent conduit à accepter certaines mesures précises et purement linguistiques, plutôt que sociales, comme je le soutiens. Cependant, il me semble que pour refléter la réalité du bilinguisme dans la vie courante, on se doit d’adopter une vision plus flexible et primordialement basée sur la personne qui parle plusieurs langues, non sur ma vision subjective de ce qui définit un bilingue.

Jean-Paul

Effectivement, Olivier, cette personne a fait sa scolarité en partie en France et en partie en Angleterre. Devenue traductrice, elle a terminé sa carrière comme interprète à l’OTAN . A l’écouter dans l’une ou l’autre langue, il était impossible de savoir quelle était sa langue maternelle. tant sa maîtrise du français et de l’anglais était parfaite (lexique et prononciation).

Olivier

Pardon d'avoir pris du temps pour repondre, Jean-Paul.

Vous decrivez le profil d'une personne qui a l'air parfaitement a l'aise dans ses deux langues. J'ai egalement un amie, professeure en sociolinguistique, qui se dit parfaitement bilingue.

Pour moi, il existe aussi le probleme que peu de monde est completement d'accord sur une definition precise de ce qu'est une langue, et particulierement ce qui la differencie d'une autre langue, ou d'un dialect, sans mentionner les idiolectes que chacun parle.

Devant la complexite du mode de communication oral (different de tout autre mode semiotique), et des variations enormes qui distinguent les langues regionales et individuelles d'un standard reconnu par une academie, je prefere accepter la perception de la personne qui s'identifie commme bilingue que des criteres que certains natifs auraient des difficultes a remplir dependamment de leur origine ou des opportunites educatives que la vie leur a fournies.

Ceci dit, et ce qui se montre au travers de votre perception du bilinguisme, c'est que la notion est negotiable. Il est bien possible que vous rencontriez une personne qui ne se pense pas bilingue initialement, mais qu'en etablissant vos normes de communication, vous vous mettez d'accord sur ce qu'est le bilinguisme. Soudain, cette personne commence a se construire une identite bilingue.

En fin de compte, je persiste a croire que nous devons etre flexibles dans notre definition et accepter que certaines personnes s'identifieront comme bilingue meme s'ils ne remplissent pas certains criteres etablis par d'autres.

jean-paul

Merci pour ces commentaires très intéressants, Olivier .

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