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20/02/2012

Commentaires

Jean Leclercq

Le très intéressant article du professeur Steinberg m'inspire deux observations.

Premièrement, je ne crois pas que la Révolution française et, surtout, le tour violent qu'elle a pris en 1793, ait été la première manifestation de la terreur dans l'histoire moderne. La théocratie totalitaire que Jean Calvin institue à Genève à partir de 1536 est, de l'avis de Stefan Zweig, le premier règne de la terreur en Occident. Dans son magnifique essai « Conscience contre violence » (1, il reprend l'avis formulé par Balzac: « Ceux qui voudront étudier les raisons des supplices ordonnés par Calvin trouveront, proportion gardée, tout 1793 à Genève... Pesez ces conditions et demandez-vous si Fouquier-Tinville a fait pire. La farouche intolérance religieuse de Calvin a été moralement plus compacte, plus implacable que ne le fut la farouche intolérance politique de Robespierre. Sur un théâtre plus vaste que Genève, Calvin eût fait couler plus de sang que le terrible apôtre de l'égalité politique. »

Deuxièmement, l'évolution du sens des mots terreur et terrorisme, au fil des ans, est très intéressante. D'abord méthode de gouvernement, le terrorisme en est venu à désigneraujourd'hui la forme la plus brutale de l'anti-gouvernement. Pendant la deuxième guerre mondiale, les résistants à l'occupation allemande étaient toujours qualifiés de « terroristes » par la presse officielle, jusqu'à ce qu'on reconnaisse ensuite la légitimité de leur action patriotique. De nos jours encore, les insurgés afghans sont accusés de terrorisme. Une chose est sûre – et je pense que le professeur Steinberg l'a étudiée de façon plus approfondie que moi – la terreur politique ou religieuse laisse des traces durables dans les sociétés où elle a sévi. Les pays qui naissent dans la violence et la terreur en traînent longtemps les séquelles. Mais, comme le dit notre nouveau collaborateur, c'est là une autre histoire dont nous aimerions qu'il nous entretienne lors de la sortie du livre auquel il travaille actuellement.

(1) Zweig, Stefan. Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin. Paris, Le Castor Astral, 1997.

Ronen Steinberg

This is a scandalously late response to M. Jean Leclercq's post above. So I begin by rendering my apologies to M. Leclercq and to the readers of the blog.

M. Leclercq points out that the Reign of Terror in France was not the first manifestation of terror in modern history and he refers to the repression instituted by Calvin in Geneva as an earlier example. I am grateful for this interesting observation, especially since I did now know the quote and the book by Stefan Zweig.

But I take this opportunity to make a small clarification. I do not claim that the Reign of Terror was the first appearance of terror in modern history. That would depend on how one defines terror and what one regards as "modern." In any case, I agree with M. Leclercq's observation here. What I do claim is that the Reign of Terror was the first appearance of the concept of terrorism in the modern world, and this seems to me important. It is important because it is during the French Revolution (after the fall of Robespierre, to be precise) that terrorism first develops into a full doctrine of political struggle aimed at, well, changing the social order.(1)So it's the concept and theory, not the practice, that originates in the French Revolution.

Regarding M. Leclercq's comments on the legacies of terror or of terrorism (the two terms are different,) I again agree. They do indeed leave complex legacies in their wake. It is interesting to think about whether the effects of terrorism as such are different in any way from teh effects of other forms of mass violence or political struggle. I think they are, but that's a matter for a different discussion. I would as a general comment say that I am not sure there are countries or states that were not created through some sort of violent struggle. Violence and the foundation of political communities seem to be inseparable.

Thanks again to M. Leclercq for his engagement with my posting.


Ronen Steinberg

I see that I have forgotten to include a reference in my previous post. I am including it here:

(1) Bruce Hoffman. Inside Terrorism (New York: Columbia University Press, 1998), 15-16

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