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15/03/2015

Commentaires

Beila Goldberg

J'ai le plus grand respect pour mon compatriote René Meertens ainsi que pour Jonathan et Jean ; cependant depuis la lecture de cet article, un certain malaise m'habite en pensant qu’ils ont, tous les trois, été abusés.
Sa rédaction et sa publication ne font que conforter « la légende Simenon », et sans autre réaction de la part des lecteurs, je me dois de la corriger en ces temps de commémoration.
Ces « Mémoires intimes » ne sont que la dernière mouture de bien d'autres publications autobiographiques. Et les mémoires sont comme certains fromages, elles ont des trous.
Ce qui est particulièrement dérangeant dans le cas de Georges Simenon et ce qui est écrit sur lui, ici et ailleurs, c'est généralement l'absence de toute référence à son antisémitisme profond et le voile mis sur son attitude pendant l'Occupation. Raisons pour lesquelles l'air du large et celui de l'Amérique lui ont paru bien meilleurs à respirer.
Commis d'abord à la rubrique des chiens écrasés, la qualité de sa plume est vite remarquée par le directeur et propriétaire de La Gazette de Liège qui lui confie la rédaction d'un billet d'humeur quotidien, « Hors du poulailler » sous le nom de Monsieur le Coq
La Gazette de Liège est un journal catholique conservateur qui ne diffère guère d'autres journaux de même tendance et qui véhicule les mêmes clichés antisémites, anticommunistes, antimaçonniques, etc., de l'époque.
Là où Georges Simenon se démarque de façon violente, c'est dans sa série d'articles intitulée « Le Péril juif », signée Georges Sim.
Sa première source d'inspiration : « Les Protocoles des Sages de Sion » qu'il orthographie à l'anglaise Protocols. À propos du « Péril juif », Simenon a toujours soutenu qu'il avait été contraint de répondre à une commande. « Ces articles ne reflètent nullement ma pensée d'alors ni d'aujourd'hui » a-t-il souvent répété, se défendant d'être antisémite.
Deux exemples de sa production où sa conscience ne le torturait pas particulièrement :
« les Juifs, s'ils ne furent pas les auteurs de la guerre de 14-18, en furent les vrais profiteurs » (« La Gazette de Liége », 8 septembre 1921).
Dans 13e article de la série: « Ainsi la pieuvre juive étend ses tentacules dans toutes les classes de la société, dans toutes les sphères où son influence ne tardera pas à se faire sentir. Et il en sera ainsi jusqu'à ce que le monde se décide enfin à réagir. À moins qu'alors il ne soit trop tard » (« La Gazette de Liège », 22 septembre 1921).
Pour certains, ce furent des erreurs de jeunesse.
Mais lorsqu'il fréquente sous l'Occupation un certain cercle parisien, continue à alimenter des journaux ou qu'il refuse, étant Consul ou Haut Commissaire de Belgique en Vendée et Charente-Maritime (le titre varie selon les sources) d'accorder tout visa à des compatriotes de confession juive ou des personnes juives venant de Belgique, réfugiés à La Rochelle en attente de partance, l'erreur de jeunesse ne saurait être invoquée. Il savait que c'était les condamner et ce parti pris a choqué plus d'un de ses collaborateurs.
En 1944, Georges Simenon part à Londres, revient en 1945 à Paris et décide de mettre les voiles pour l'Amérique, étant dans le collimateur du Comité national d’épuration des gens de lettres à Paris qui enquête sur ses succès littéraires et cinématographiques (il avait vendu les droits de ses films à la Continental).
Il y a eu une grande récupération académique et institutionnelle sur cette gloire littéraire nationale qui n'a jamais fait son service militaire en Belgique.
Une récupération favorisée par la Belgique docile qui ne regarde son passé en face que depuis peu. Une Belgique qui à tous les niveaux s'est bien plus mise au service du régime nazi que la France.
Georges Simenon a été un auteur prolifique avec de nombreux noms de plume et fait l'objet de bien de biographies et de travaux de recherches.
Un homme à distinguer de son oeuvre.
Une oeuvre qui a sa place dans les librairies et les bibliothèques, mais qui est celle d'un très petit homme qui ne devrait certainement pas faire l'objet d'un musée, puisque tout y restera gris et flou.
Pour plus de lectures et « d'informations » :
http://www2.libnet.ulg.ac.be/simenon/biosim.htm
http://www.arllfb.be/ebibliotheque/seancespubliques/23112002/lemaire.pdf
http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_deportation-des-juifs-la-responsabilite-de-l-etat-reconnue-a-l-unanimite?id=7914007
http://www.rtbf.be/info/regions/detail_georges-simenon-est-mort-il-y-a-25-ans-un-projet-de-musee-en-cours?id=8346868
Beila Goldberg

René Meertens

C'est seulement maintenant que je prends connaissance des observations de Bella Goldberg.

L'antisémitisme de certains écrivains est notoire, mais j'ignorais que des accusations avaient été portées contre Simenon.

J'avais bien indiqué que je me fondais sur les "Mémoires intimes" de Simenon. Le lecteur pouvait donc s'attendre à une certaine subjectivité.

Je n'ai pas examiné les sites mentionnés par Mme Goldberg, mais les personnes désireuses de se faire une opinion sur la question le feront sans doute avec profit.

Evidemment, les expressions "péril juif" et "pieuvre juive" utilisées par Simenon sont déjà accablantes.

Pour ce qui est de dire "Une Belgique qui à tous les niveaux s'est bien plus mise au service du régime nazi que la France.", c'est aussi nouveau pour moi. Je suis peut-être un grand naïf.

Beila Goldberg

J'aurais pu attendre de la part de René Meertens une lecture plus attentive de mon commentaire même si tardive, mais celle-ci n'est peut-être que réservée aux traductions.
J'aurais pu également attendre de la part de René Meertens un peu plus de curiosité pour mes références, l'Histoire de notre pays et le fil de ses actualités.

Ce qui ne fut point le cas et donne aussi matière à réflexion.

Georges Simenon n'est revenu que deux ans en France.
Il s'est établi en 1957 en Suisse où il est décédé en 1989.

Un autre lien pour les personnes curieuses : http://www.lalibre.be/culture/livres/la-villa-suisse-de-georges-simenon-bientot-demolie-533bf7c13570d35ee3e4114c

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